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société, médias, TICs, développement durable.

Bienvenue à bord !

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Au pays des pharaons

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Septembre 2011, Porto-Novo, la ville aux trois noms : Hogbonou, Ajacè, Porto-Novo s’apprête à vivre le départ d’un de ses fils. Le soleil dans son habit majestueux irradiait la terre de ses rayons bienfaisants. Depuis mon succès aux trois étapes de ce concours de master en développement à l’Université senghor d’Alexandrie, mon univers est voué à un bouleversement jamais vécu.

Je viens juste de rentrer du pays de l’oncle Sam pour le compte de la 77è congrès mondial des bibliothèques et de l’information et déjà je dois encore partir. Mais ce départ porte en lui tout l’espoir d’une personne, d’une famille et d’une génération. L’espoir de pouvoir changer les choses et de s’offrir des chances de mieux être. Nous y avons travaillé ensemble, nous avons prié pour et notre vœux a été exaucé avec surprise et bonheur. Grande fut notre joie à l’annonce des résultats. Elle était d’autant plus intense qu’ils coïncidaient avec la naissance de Marie-Aymard. Il y a des rêves que l’on caresse, des projets que l’on construise sans savoir combien ils viendront bousculer notre univers.

Je m’apprêtais à atterrir au pays des pharaons, l’Egypte que j’ai connue à travers la Bible, les livres, la radio puis la télévision. L’Egypte à peine sortie de la révolution où l’armée tient encore le pouvoir après la chute de Hosni Moubarak. Autant d’évènements et d’informations qui ajoutent à mon voyage un goût du risque. Mais je ne voulais pour rien au monde renoncer ni manquer un tel rendez-vous qui semble être celui avec mon destin.

Mon père m’a conseillé un rituel que j’ai trouvé fort amusant : prendre Marie-Aymard dans mes bras à chaque lever du jour pour lui demander la permission et lui dire pourquoi je pars. Est-ce suffisant pour cet être fragile de trois mois ? Comprenait-il quelque chose à mon discours ? Toujours est-il que je n’ai pas arrêté ce rituel au cours duquel mon bébé se contentait juste de me fixer. Mon Dieu ! j’aurais aimé qu’il balbutie quelques mots, qu’il me gratifie d’un sourire en guise de réponse.

Quand arriva enfin le jour tant attendu, le jeudi 15 septembre 2011, je pris mon vol à 11h 35 à l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou. Valentine s’est occupée de faire ma valise mais n’a pas voulu m’accompagner à l’aéroport. C’est ma belle sœur et ma fille Alexandra qui sont venus avec moi. Une fois de l’autre côté pour les formalités, je pouvais voir ma fille à travers la vitrine. A chaque regard, elle me faisait signe de la main en guise d’au revoir et je n’ai pas pu retenir mes larmes. Savait-elle pour combien de temps je partais ?

Après plus de onze heures de vol et une escale à Addis Abéba, j’embrassai la ville du Caire où nous attendais les autorités de l’université. Ce fut le début d’un long périple vers Alexandrie puis au quartier Momen (Mohamed El Naguib). C’est là où tous les étudiants furent débarqués tard dans la nuit pour être repartis dans les immeubles. La bataille pour le retrait de nos bagages fut un combat rude dans cette nuit. Accueilli par deux étudiants béninois déjà sur place, je passais onze nuits avant de rejoindre Maamoura, mon quartier d’accueil.

Maamoura, un quartier calme et verdoyant non loin de la mer avait tout pour me séduire. C’est là que je fis mon nid et que je passai ma première année avec apprentissage et adaptation à l’hiver égyptien. La plage de Maamoura, son petit marché moins cher et quelques habitants sympathiques ont mis du sel et de la chaleur dans mon quotidien. Qui pouvait prédire l’issue d’un tel voyage dans un pays instable où la presse internationale faisait état chaque jour de soulèvement à Tahrir ?

Vue plage Maamoura

Vue plage Maamoura

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Commenter cet article

Suzanne NNOMO 08/05/2013 17:26

Bel article mon frere! j'aime on style narratif qui nous fait voyager en meme temps que toi, Bravo!

François Vianou Godonou 24/10/2016 13:46

Merci Cherie de quelqu'un